La semaine du 19 octobre, nous nous interrogions, avec un espoir mesuré, sur la possibilité d’avoir une « belle présidentielle ». Depuis quelques jours, l’atmosphère s’est tellement dégradée qu’une autre question s’impose : se dirige-t-on vers la campagne la plus sale de la Ve République ? Jour après jour, le fragile espace démocratique se transforme en un champ de bataille où il s’agit de détruire l’autre camp plutôt que de construire un projet collectif. Au-dessus plane l’ombre d’une extrême droite de plus en plus agressive dans les débats et les méthodes.
L’actualité quotidienne ne cesse pourtant de rappeler la gravité du moment. Cet automne, les événements dictent le tempo d’une campagne qui échappe aux candidats. Les mobilisations sociales, avec de vraies revendications des lycéens, et l’attentat raciste à Trappes (Yvelines) le 23 octobre sont deux faits majeurs. Ils auraient pu donner lieu à des propositions, à un moment de concorde nationale ou à un sursaut. En 2012, la campagne avait été suspendue après les assassinats terroristes de Mohammed Merah. En 2026, les invectives et le bruit ont recouvert toute tentative d’échange républicain.
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