La suspension, sous la pression de Donald Trump, du carton rouge infligé en Coupe du monde à l’Américan Folarin Balogun, dimanche 5 juillet, suscite de vives réactions dans le monde du football et en dehors. L’attaquant vedette de l’équipe américaine de football avait été exclu à la fin du 16ᵉ de finale contre la Bosnie-Herzégovine, une exclusion entraînant normalement automatiquement sa suspension pour un match. Balogun n’était donc pas censé disputer le huitième de finale, lundi, contre la Belgique. Mais, selon de nombreux médias dont l’Agence France-Presse, un appel du président américain au patron de la FIFA, Gianni Infantino, en a décidé autrement.
« Merci à la FIFA d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir réparé une grande injustice ! », a réagi quelques minutes seulement après l’annonce de la FIFA le président américain sur sa plateforme Truth Social. « C’est une décision juste car il n’aurait pas dû y avoir carton rouge », a réagi le sélectionneur argentin de l’équipe américaine, Mauricio Pochettino. « Nous ne sommes pas les victimes, mais nous ne sommes pas non plus les méchants dans cette affaire. »
En Belgique, prochain adversaire de la team USA, la décision ne suscite pas le même enthousiasme. Dans un communiqué, la fédération belge de football (URBSFA) a fait part de sa « stupéfaction » en rappelant que le code disciplinaire de la FIFA prévoyait qu’un carton rouge entraîne « automatiquement une suspension pour le match suivant ». « Il en a d’ailleurs été ainsi pour tous les cartons rouges distribués jusqu’à présent lors de cette Coupe du monde », observe-t-elle en relevant par ailleurs que l’automaticité de la suspension avait été rappelée par la FIFA elle-même avant la compétition. La fédération belge a dit examiner « toutes les options potentielles ».
« Un précédent dangereux et bizarre », selon Thibault Courtois
« Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la FIFA », a déclaré, de son côté, le sélectionneur français des Diables rouges Rudi Garcia dimanche en conférence de presse, tandis que son gardien, Thibault Courtois, s’est inquiété d’un « précédent dangereux et bizarre ».
« La vraie force, c’est de gagner avec fair-play (et en respectant toutes les règles). C’est ce que la Belgique fera demain [lundi] », a réagi sur X la ministre des sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jacqueline Galant. « Allez les Diables, plus que jamais, tout le Pays est derrière vous. »
« Shame on you [Honte à vous] ! Quand l’argent fait la loi, le mondial perd toute crédibilité », s’est offusqué sur X le parti socialiste belge (opposition). « Adapter les règles pour faire plaisir à Trump, tenter de tricher pour gagner, quelle image déplorable de la FIFA, du Mondial de foot et pour les Etats-Unis. »
Le sélectionneur norvégien, Stale Solbakken, dont l’équipe venait de se qualifier en battant le Brésil (2-1) a qualifié la décision de la FIFA de « grosse erreur ». « C’est une très, très, très, très, très mauvaise décision, ce n’est pas bon pour le sport », a-t-il souligné. Balogun « a pris un carton rouge et la VAR a confirmé que c’était un rouge, il a été exclu et suspendu pour un match, », a-t-il rappelé.
Solbakken a également estimé que cette ingérence du président américain serait « mauvaise » pour l’équipe américaine. « S’ils battent la Belgique, ils auront toujours ce petit quelque chose en plus, et s’il [Balogun] marque un but ou fait un bon match, la Belgique sera furieuse », a-t-il expliqué. « S’ils gagnent, ça restera toujours quelque part en arrière-plan ». « Et qu’en sera-t-il du prochain carton rouge ? », a-t-il poursuivi. « Il va y avoir des appels pour faire annuler ce carton ? »
On le saura bientôt. L’Anglais Jarell Quansah a reçu un carton rouge lors du huitième de finale contre le Mexique, dimanche. A voir si Charles III ou le premier ministre britannique, Keir Starmer se fendent d’un coup de fil à Gianni Infantino.