Économie

Dans le Vermont, les ravages de la crise du logement aux Etats-Unis : « Si je pouvais ouvrir 100 lits de plus, ils seraient immédiatement pris »

Dans le Vermont, les ravages de la crise du logement aux Etats-Unis : « Si je pouvais ouvrir 100 lits de plus, ils seraient immédiatement pris »

La voix se fendille légèrement, le regard se dérobe. « Je n’aurais probablement pas survécu si je n’avais pas trouvé cet endroit », souffle Sherrill (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille). En mars, cette Américaine de 62 ans a poussé les portes du comité pour l’hébergement d’urgence (COTS), la principale organisation pour les personnes sans abri à Burlington, dans le Vermont.

Dans cet Etat de la Nouvelle-Angleterre, les vents arctiques venus du Canada font facilement descendre le thermomètre sous les − 20 °C la nuit en hiver. « J’étais gelée, je ne savais pas où me mettre, j’ai parlé à un responsable, je lui ai dit que je n’avais pas les compétences qu’il faut pour vivre dehors. » Six mois plus tard, Sherrill bénéficie d’un lit la nuit et tente de régler ses problèmes de santé avant de reprendre le travail. « Je veux redevenir jardinière paysagiste, vous savez, j’avais même un petit stand de ferme avant, où je vendais des produits que j’avais cultivés », raconte-t-elle avec fierté.

Sherrill dit souvent « avant ». Avant, elle avait un logement, une voiture, une petite agence à elle, toute une vie. La pandémie de Covid-19 a mis son activité à terre. La voiture n’a plus passé le contrôle technique. Et l’inflation qui s’est abattue sur les Etats-Unis, et notamment sur les prix de l’immobilier, s’est chargée de prendre le reste. Son véhicule est devenu son logement. La rue n’était plus qu’à un pas.

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