Politique

Dominique de Villepin accuse Edouard Philippe de céder à « la dictature de l’évidence » après ses propos sur « l’échec de l’intégration »

Dominique de Villepin accuse Edouard Philippe de céder à « la dictature de l’évidence » après ses propos sur « l’échec de l’intégration »

Dominique de Villepin, ancien premier ministre et possible candidat à l’élection présidentielle, a publié sur ses réseaux sociaux, mercredi 28 octobre, un texte dénonçant les propos d’Edouard Philippe, qui a estimé « patente » la « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration lors des pillages de magasins le week-end du 17 octobre.

« C’est de l’impensé politique qui pense ici devant nous », cingle Dominique de Villepin dans sa longue publication, accusant en creux le maire du Havre de flirter avec les idées d’extrême droite. Ce dernier a déclaré au Point que « l’échec de l’intégration dans notre pays depuis plusieurs décennies [était] incontestable », citant l’écrivain Charles Péguy pour inviter à « voir ce que l’on voit », dans un entretien publié mardi.

« Peut-être qu’il faudrait aussi dire ce que l’on dit, cela s’appelle le courage. Car voir ce que l’on voit, clarifions d’emblée, c’est voir sur son téléviseur des Noirs et des Arabes qui manifestent, bloquent, cassent », lui répond Dominique de Villepin, pour qui Edouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle, utilise « le 17 octobre pour mettre au ban l’ensemble des immigrés de ce pays ».

Une démocratie « captive des écrans »

« Ça n’a l’air de rien, mais c’est une remarque fascinante, terriblement révélatrice de notre basculement politique », déplore l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, qui perçoit l’irruption d’un « nouveau régime de pensée » qu’il appelle « le régime de l’évidence », ou encore « la dictature de l’évidence ». « Le régime de l’évidence, c’est le régime du raccourci : “pas de fumée sans feu”. Corrélation vaut causalité. Couleur de peau égale immigration, égale faillite de l’intégration », dénonce Dominique de Villepin.

« Voir ce que l’on voit, c’est accepter que la démocratie soit désormais captive des écrans » et revient à « essentialiser les positions des uns et des autres en fonction des signes visibles » tels que la « religion » ou la « couleur de peau », ajoute l’ancien ministre des affaires étrangères, pour qui « Édouard Philippe n’est pas devant les Français, en responsable, il est devant son poste, à côté de tous les autres Français ».

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