Le secrétaire national du Parti communiste français (PFC), Fabien Roussel, a été reconduit sans suspense dans ses fonctions, dimanche 5 juillet, lors du dernier jour du 40e congrès du PCF à Lille. « Le choix des camarades m’honore et m’engage », a réagi sur X celui qui a été réélu avec 70,1 % des voix.
Cela conforte encore plus le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) dans ses ambitions présidentielles, alors que les militants communistes ont décidé de présenter une candidature issue de leurs rangs à l’élection présidentielle de 2027. « Avec la nouvelle direction nationale, nous mettrons toute notre énergie au service des travailleuses, des travailleurs, d’une nouvelle république et de la paix ! », a-t-il également commenté sur X.
A l’ouverture du congrès, vendredi, Fabien Roussel s’était dit « prêt » à être le candidat de son parti pour l’élection présidentielle 2027, malgré son mauvais score en 2022 (2,28 %, soit environ 802 000 voix), confirmant le lent déclin national du PCF, et les critiques de La France insoumise (LFI).
Prochain choix le 6 septembre
« Les communistes proposent majoritairement de se lancer dans cette bataille, de construire une candidature à l’élection présidentielle, avait alors déclaré Fabien Roussel. Les communistes ont exprimé un choix : celui du combat plutôt que celui du retrait, celui de la bataille idéologique plutôt que de l’effacement. »
Plusieurs voix au PCF, dont celle de Stéphane Peu, président du groupe Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, souhaiteraient que Fabien Roussel ne soit pas candidat pour ne pas diviser les voix à gauche compte tenu de la menace de victoire de l’extrême droite. « Si l’extrême droite augmente, ce n’est quand même pas de la faute du PCF, qui la combat depuis toujours. Au contraire, l’absence du PCF à la présidentielle renforcerait l’abstention », a répondu Fabien Roussel lors d’une interview dans L’Humanité parue vendredi.
La prochaine étape pour le PCF aura lieu le 6 septembre, quand les militants voteront pour désigner celui qui se lancera dans la course à l’Elysée. « J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois », a lancé Fabien Roussel vendredi à la tribune.
Une participation moindre qu’en 2023
Les militants communistes ont déjà voté le mois dernier pour le texte de la direction, qui a servi de base à ce congrès. Celui-ci dit que « les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l’élection présidentielle comme pour l’ensemble des scrutins locaux et nationaux du pays ».
Mais, sur les près de 40 000 adhérents à jour de cotisation, seuls 24 600 ont participé au vote. Et si le texte de Fabien Roussel l’a emporté, cela n’a été qu’avec 61,4 % des voix (soit environ 14 800 votes). Par comparaison, lors du dernier congrès du PCF, en 2023, son orientation avait été adoptée par 81,9 % des suffrages (environ 23 900 voix).
De quoi faire dire cette semaine au coordinateur de LFI, Manuel Bompard, que « la position très solitaire de Fabien Roussel a plutôt reculé ». Et le bras droit de Jean-Luc Mélenchon de dénoncer l’« entêtement de la candidature jusqu’au-boutiste » du secrétaire national.
« Nous ne pratiquons pas la chaise vide »
Le faible score de l’ancien journaliste à l’élection présidentielle de 2022 lui avait valu les accusations de LFI, qui lui reproche d’avoir privé Jean-Luc Mélenchon de second tour, puisque 420 000 voix le séparaient de Marine Le Pen. Un revers d’autant plus douloureux pour les cadres « insoumis » que le PCF avait soutenu leur leader aux élections de 2012 et 2017.
Mais pas question pour Fabien Roussel, partisan de l’affirmation communiste, de se ranger derrière celui dont il ne cesse de se démarquer et qui a ravi le leadership de la gauche radicale à son parti. « Nous ne pratiquons pas la chaise vide », a-t-il prévenu récemment dans L’Humanité.
Ce chantre de « la France des jours heureux » met en avant, en plus d’un programme radical, une imagerie un brin nostalgique, celle du « bon vin, de la bonne viande et du bon fromage ». Cela lui confère une cote de popularité qui pourrait l’aider, espère-t-il, à reconquérir une partie de la classe ouvrière.