Politique

Face au basculement démographique, le CESE plaide pour une approche globale, loin des seules incantations natalistes

Face au basculement démographique, le CESE plaide pour une approche globale, loin des seules incantations natalistes

Depuis plusieurs années, notre pays vit un « basculement démographique » lié au vieillissement de sa population et à la forte baisse du nombre de naissances. Face aux « défis » induits par de telles évolutions, une « approche globale » s’impose, loin des seules incantations en faveur de la relance de la natalité. C’est la vision que défend le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans son « Rapport annuel sur l’état de la France », publié mercredi 28 octobre. L’institution logée au palais d’Iéna à Paris propose des orientations, qui cherchent à recueillir l’adhésion la plus large possible, tout en recommandant de porter un « regard féministe » sur ces enjeux et en soulignant « l’apport économique positif de l’immigration ».

Le rapport ne contient ni révélation fracassante ni idée de mesure choc. Mais il présente au moins l’intérêt de dérouler une analyse coproduite par les membres d’une assemblée dont les positions sont souvent fort éloignées : syndicalistes, responsables patronaux, militants associatifs engagés dans des causes diverses… Qui plus est, la démarche se veut transversale, pour essayer d’embrasser toutes les dimensions de la problématique, ce qui n’est pas si courant.

Les termes de l’équation sont connus : la France tend, peu à peu, à rejoindre la cohorte des pays où il y a de moins en moins de bébés et de plus en plus de seniors. En métropole, l’indicateur conjoncturel de fécondité s’est établi, en 2025, à 1,56 enfant par femme, soit « son niveau le plus bas depuis la fin de la première guerre mondiale ». Parallèlement, les personnes d’au moins 65 ans représentent « 22,2 % des habitants », en hausse de presque six points en deux décennies, et leur part pourrait passer à près de 33 % en 2070.

Cette « nouvelle donne démographique » met sous tension les finances publiques et l’économie : augmentation des dépenses sociales plus rapide que celles des recettes, ce qui creuse les déficits des systèmes de solidarité, possible diminution de la population active à partir des années 2040 – avec, comme conséquence, des difficultés accrues de recrutement dans certaines professions jugées peu valorisantes ou trop difficiles, etc.

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