Culture

Festival d’Avignon : « La Parabole du seum », une plongée dans le capharnaüm artistique de Rébecca Chaillon

Festival d’Avignon : « La Parabole du seum », une plongée dans le capharnaüm artistique de Rébecca Chaillon

« Et handicapé, ça compte ? », interpelle un spectateur alors que deux comédiennes, aux tee-shirts floqués « Queer, fat, feminist » (« queer, gros, féministe ») scrutent les corps dans chaque rangée du public. « Mince ! Mince ! Mince ! Mince ! », « Blanc ! Blanc ! Blanc ! Blanc ! », lancent-elles avec force, tout en glissant, non sans humour, « bienvenue » uniquement aux quelques personnes enveloppées et/ou racisées.

Ainsi va l’univers provocateur de Rébecca Chaillon. Trois ans après son spectacle très remarqué Carte noire nommée désir, qui déconstruisait les représentations de la femme noire, et pour lequel elle avait subi des agressions racistes et un cyberharcèlement détestable, l’autrice, metteuse en scène et performeuse revient au Festival d’Avignon avec La Parabole du seum. Soit plus de deux heures trente de plongée dans un capharnaüm artistique, parfois saisissant, souvent fumeux, pouvant susciter autant de rejet que d’adhésion.

Rébecca Chaillon a toutes les raisons d’« avoir le seum ». Grossophobie, discriminations, dérèglement du climat, dans une « société de consumation » qui épuise les ressources naturelles, elle se demande comment survivre et dépasser la sidération collective. Marquée par la lecture de La Parabole du semeur, de l’Américaine Octavia E. Butler (1947-2006), qui imagine une société américaine en plein effondrement à cause du changement climatique et des inégalités croissantes, cette artiste singulière a choisi de réunir sur scène une troupe de sept personnes marginalisées, parce que grosses, racisées, ou queer.

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