Politique

Présidentielle 2027 : la droite et l’extrême droite contestent la date du second tour, prévue au lendemain du 1ᵉʳ-Mai

Présidentielle 2027 : la droite et l’extrême droite contestent la date du second tour, prévue au lendemain du 1ᵉʳ-Mai

Le candidat Les Républicains (LR) à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau, et le Rassemblement national ont demandé au gouvernement de ne pas tenir le second tour au lendemain des manifestations du 1er-Mai, Fête des travailleurs et journée de revendication salariale et syndicale.

L’ancien ministre de l’intérieur a dit craindre, sur CNews et Europe 1, que les violences commises le 17 octobre se reproduisent lors du 1er-Mai : « Avec une France pillée, saccagée, incendiée et le lendemain on devrait aller aux urnes calmement ? Ce n’est pas possible. » Il pointe aussi « un problème de légalité », selon lui, car des candidats de gauche s’afficheront vraisemblablement dans les cortèges samedi alors que la campagne électorale se sera arrêtée dans la nuit, conformément au code électoral. Concrètement, toute propagande officielle, toute réunion électorale, toute distribution de tracts, toute publication de sondage ou entretien de candidat dans les médias sera strictement interdite. « Si vous ne changez pas les dates de l’élection, j’y verrais une arrière-pensée », a conclu le candidat LR.

Quant au parti d’extrême droite, « la neutralité et la sérénité qui doivent prévaloir avant le vote du dimanche seront nécessairement rompues par la tenue partout en France de manifestations du 1er-Mai, dont on sait qu’elles sont l’apanage de la CGT et de toutes les organisations syndicales et militantes de gauche », a fait valoir dimanche, sur BFM-TV, Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national (RN) et maire de Perpignan.

Vacances scolaires de printemps

Conformément à l’article 1 bis de la loi du 6 novembre 1962, le gouvernement a jusqu’à dix semaines avant le premier tour pour publier le décret de convocation des électeurs, soit le 7 février si un premier tour le 18 avril est conservé ou le 31 janvier si le premier tour est avancé au 11 avril. En principe, comme le note Robin Delcourt, doctorant à l’université Paris-Panthéon-Assas, rien ne s’oppose à une modification des dates après la promulgation du décret, tant que le délai de dix semaines est respecté. Les dates des dimanches 18 avril et 2 mai pour la présidentielle avaient été « entérinées » le 1er juillet par l’exécutif en conseil des ministres mais ne sont pas juridiquement fixées.

En vertu de la Constitution, le scrutin doit se tenir entre vingt et trente-cinq jours avant la fin du quinquennat actuel, Emmanuel Macron ayant commencé sa seconde présidence le 14 mai 2022. Deux options étaient donc possibles : les 11 et 25 avril ou les 18 avril et 2 mai. Aucune solution n’est idéale car les vacances scolaires de printemps s’étalent, selon les zones, du 3 avril au 2 mai.

L’option retenue permet de placer le tour décisif, entre les deux candidats finalistes, un dimanche où deux zones sur trois ne seront plus en congés et où « la troisième reviendra de vacances », avait alors justifié un proche d’Emmanuel Macron, cité par l’Agence France-Presse (AFP). Il avait laissé entendre que le choix s’était porté sur la date permettant d’« espérer le plus de participation ».

L’Elysée exclut toute modification, dans l’immédiat

Mais dans le contexte actuel de colère sociale, où les manifestations s’enchaînent depuis plusieurs semaines, entraînant la mobilisation massive de forces de l’ordre, le sujet est revenu sur la table. De là à prédire une veille de second tour explosive, ou au minimum complexe pour le maintien de l’ordre ?

Pendant la réunion des partis avec le premier ministre, jeudi 24 octobre à Matignon, « nous avons été plusieurs à (…) dire que la date du 2 mai n’était pas celle que nous avions exprimée » lors des concertations préalables, a assuré un participant à l’AFP. « A partir du moment où une partie de la classe politique considère que ça peut pourrir le deuxième tour, peut-être pourrait-on l’écouter », disait aussi une parlementaire du bloc central à l’AFP.

Un problème balayé dans l’immédiat par un proche du chef de l’Etat, qui assure que le sujet n’a pas été évoqué par Emmanuel Macron. « Le problème du 17 octobre était lié au manque d’anticipation, le 1er-Mai, la mobilisation sera forcément anticipée », assure-t-il à l’AFP. Le président des députés MoDem, Marc Fesneau, a refusé mercredi, sur Public Sénat, tout changement, car ce serait, selon lui, « donner raison aux casseurs », et « baisser les bras » face à eux. « On est en train d’acter le principe que le 1er-Mai, par nature, va être désastreux et qu’il y aura des violences. »

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