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Violences sexuelles : des milliers de manifestants réclament une « loi-cadre intégrale »

Violences sexuelles : des milliers de manifestants réclament une « loi-cadre intégrale »

« Pour Lyhanna, on n’oublie pas ! » Des milliers de personnes se sont rassemblées partout en France, samedi 4 juillet, à l’appel d’associations féministes et de défense des enfants pour réclamer une « loi-cadre intégrale » contre les violences sexuelles.

« On ne peut pas se contenter de cette justice sous-dotée en moyens et qui protège les agresseurs plutôt que les victimes. Avec 94 % de classements sans suite des plaintes pour viol, il y a de nombreux agresseurs qui sont signalés à la justice et ne sont pas inquiétés », a déploré Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, avant la manifestation parisienne, qui s’est élancée peu après 15 heures de la place de la Bastille en direction de celle de la Nation.

« La vérité sort de la bouche des enfants », « 160 000 enfants, que faites-vous ? », « Darmanin, des moyens ! », scandaient plusieurs milliers de manifestants, majoritairement des femmes, sous un soleil de plomb.

Dans l’affaire Lyhanna, « le gouvernement a fait passer les failles de l’enquête pour des dysfonctionnements, alors que c’est comme ça que la justice fonctionne en France », a déclaré à l’Agence France-Presse l’écrivaine Virginie Grimaldi, venue de Bordeaux pour se joindre au cortège.

Les organisateurs entendent s’appuyer sur l’émotion suscitée par le viol et le meurtre de la collégienne de 11 ans pour obtenir l’adoption d’un texte « à 360 degrés » allant de la prévention et du traitement judiciaire à l’accompagnement des victimes, notamment les plus vulnérables, qu’ils réclament depuis la fin de 2024.

Des manifestations étaient aussi annoncées dans quelque 80 villes, dont Agen, Dijon ou Toulouse. Dans la matinée, 200 à 300 personnes se sont ainsi rassemblées à Rennes, parmi lesquelles François Rouillard, 43 ans et père de deux filles, qui souhaite « un peu plus d’éducation au niveau de l’école » et, plus largement, « parler du rapport hommes-femmes, du respect ».

Dans son appel, la Coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale demande de « reconnaître le caractère systémique » des violences sexuelles « dans une société patriarcale » et une loi « globale » plutôt que des « mesures et des lois parcellaires, dictées par l’urgence d’affaires successives ».

Au Parlement à l’automne

Cette coalition d’une centaine d’organisations avait proposé fin 2024 un ensemble de 140 mesures destinées à lutter de façon globale contre les violences de tous ordres faites aux femmes et aux enfants, sur le modèle de la législation espagnole. Elles ont inspiré une proposition de loi constituée de 78 mesures déposée fin 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez et cosignée par une centaine de députés, principalement de gauche (hors LFI) et de la coalition gouvernementale.

Depuis l’affaire Lyhanna, la coalition organise chaque lundi soir des rassemblements devant les tribunaux régionaux et le ministère de la justice, à Paris. Plus de 340 000 personnes ont signé une pétition en ligne en faveur de ce texte.

Après le drame, le gouvernement a annoncé des mesures de lutte contre la pédocriminalité, dont certaines ont été inspirées par les associations. Une partie a été intégrée au projet de loi sur la protection des enfants, qui doit être examiné à l’Assemblée le 15 juillet, et d’autres ont été ajoutées au texte sur la justice criminelle, également débattu par les députés.

Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé mercredi que le gouvernement recevrait les parlementaires à la mi-juillet pour « arbitrer » les mesures qui pourraient être intégrées à un texte, dont l’examen est promis à l’automne.

Malgré ces annonces, les associations restent mobilisées car elles redoutent que le gouvernement ne retienne qu’une partie des dispositions réclamées. Elles exigent l’ensemble du dispositif, assorti d’un budget évalué à quelque 3 milliards d’euros par an pour le mettre en œuvre.

« Si le gouvernement a une volonté politique d’agir contre les violences, qu’il agisse vite et fasse adopter cette loi, y compris par le 49.3 », qui permet une adoption sans vote, a lancé Arnaud Gallais, président de Mouv’Enfants, une organisation de victimes d’inceste, avant la manifestation parisienne.

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