On ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens. Adepte d’un phrasé tout en circonvolutions et coutumier de la litote, Edouard Philippe en sait quelque chose. Sur les retraites, le candidat à l’élection présidentielle manie encore l’art de la prudence. Il aimerait bien faire oublier cette étiquette de « M. 67 ans », qui lui revient comme un boomerang depuis la première fois qu’il a évoqué l’idée, il y a près de cinq ans.
Pour pérenniser le système des retraites par répartition à l’aune du déclin démographique et du creusement des finances publiques, « la seule solution raisonnable est d’allonger la durée de vie active en repoussant l’âge de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans », avait-il affirmé au magazine Challenges, en octobre 2021. Il a ensuite régulièrement cité les pays voisins européens s’y étant résolus, à l’instar de l’Espagne, de l’Allemagne ou encore des Pays-Bas.
En France, où la réforme du modèle social est un point de clivage politique majeur, sa position a marqué. De La France insoumise au Rassemblement national (RN), ses opposants dénoncent encore une vision brutale de l’ancien conseiller d’Etat, affirmant y lire la traduction « du sang et des larmes » qu’il promettrait aux Français. Une telle borne est même jugée irréaliste et rejetée par une partie des macronistes, qui ont porté au forceps le report de l’âge de départ à 64 ans.
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