A trois jours de la décision de la cour d’appel, qui déterminera si elle peut concourir une quatrième fois à l’Elysée, Marine Le Pen a assuré, à Liévin (Pas-de-Calais), qu’en cas d’empêchement elle soutiendra la candidature de son dauphin et président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella « avec une grande énergie, une grande conviction et une grande confiance ». « Nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu’au bout, jusqu’à la victoire », a-t-elle ajouté, samedi 4 juillet.
De son côté, le député européen a déclaré « v[ouloir] lui redire mon total soutien, ma totale amitié, lui redire que je me suis engagé pour elle en politique, pour la voir élue présidente de la République. Et j’espère bien la voir élue présidente de la République dans quelques mois. »
S’exprimant dans la foulée, Marine Le Pen a évoqué une décision de justice « importante parce qu’elle peut venir contrecarrer le fonctionnement démocratique de notre pays ». La députée du Pas-de-Calais assure qu’elle soutiendra « tous les jours » Jordan Bardella si celui-ci venait à être le candidat du RN. Et si elle était candidate, et élue, « Jordan [Bardella] sera premier ministre », a-t-elle réaffirmé.
Elle a par ailleurs livré un avertissement à ses troupes : « Ce n’est pas parce que nous avons des bons sondages qu’il faut aller à l’élection tranquillement », a-t-elle mis en garde, car le Rassemblement national affrontera sans doute au second tour, a-t-elle dit, une « coalition des incapables » qui n’« ont d’autre programme que de lutter contre le RN ». « Nous devons jeter toutes nos forces dans la bataille » pour empêcher que des « mini-Macron » soient élus en 2027, a-t-elle lancé en référence à Edouard Philippe et Gabriel Attal, avant de dénoncer La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon et sa « politique racialiste ».
Marine Le Pen connaîtra mardi son sort judiciaire, et donc politique, lorsque la cour d’appel de Paris rendra sa décision dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du RN. Une peine d’inéligibilité supérieure à deux ans l’empêcherait de concourir à la présidentielle. En première instance, elle avait été condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, pour détournement de fonds dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national (ancien nom du RN), Marine Le Pen encourt la même sanction en appel.
Elle estime aussi que si les juges lui imposent un bracelet électronique, il ne lui sera « pas possible » de faire campagne. En fonction de la décision, elle annoncera sa stratégie mardi soir, probablement dans un journal télévisé.