Carolina Bianchi s’enfonce dans les forêts profondes du doute. Dante en embuscade. La dramaturge Angelica Liddell en renfort. Elle invoque le premier (le chant XV du Paradis) et célèbre la seconde en s’entaillant la main. Le sang coule. « Je me suis débarrassée de ma langue », affirme Carolina Bianchi, tandis qu’à ses côtés des interprètes nus s’agenouillent et se masquent les yeux d’un ruban.
La cérémonie qui démarre sera en rouge, en noir, en blanc. Pas d’autres couleurs pour le rituel que déploie la metteuse en scène et actrice avec une langueur d’être qu’on ne lui connaissait pas. Calme, presque sereine, un peu flottante, elle dépose un spectacle d’une fragilité émouvante au-dessus du trouble qui la hante : les mots sont-ils alliés ou ennemis ? Sources de plaisir ou de souffrance ? Sont-ils la vie ou bien la mort ?
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